Aral
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La catastrophe de la Mer d’Aral est considérée comme le plus grand désastre environnemental de tous les temps. C’est sans doute pour cela qu’on en a parlé dans le monde entier alors que personne n’a la moindre idée des menaces du même ordre qui pèsent sur toutes les pièces d’eau de l’Asie Centrale pour ne parler que de cette région. Pour beaucoup d’autres, en Europe notamment, il est déjà trop tard.

La catastrophe d’Aral appelle à plusieurs réflexions : Après coup, on a parlé de PES (Problème Environnemental Sournois). C’était très facile de créer un néologisme pour dissimuler son incompétence ou en tout cas son impuissance à résoudre un problème qui vous dépasse. Mais il est hypocrite de considérer le tarissement de la Mer d’Aral comme sournois. Son éventualité a été entrevue dès la mise en culture irriguée du Karakalpakstan au début du XXe siècle comme le prouve un article de l’Académie des Sciences de Moscou publié en 1909 ! Le problème avait été signalé à Moscou dès les premiers symptômes c’est à dire dans les années 60. Les photos prises par les satellites en ont montré l’évolution depuis son début. Plusieurs scientifiques s’en étaient inquiétés tant à l’Est qu’à l’Ouest. Mais pendant trente ans, personne n’a rien fait. Et il est à craindre que cela continue. Moscou discute. L’Occident pleure. Les pays concernés décident de ne pas décider. Et les Karakalpaks meurent.

Pour se donner bonne conscience à continuer à ne rien entreprendre de coûteux, beaucoup ont l’infernal culot de prétendre que de toute manière, il est trop tard et que cela ne sert plus à rien de tenter de ramener la Mer d’Aral au niveau où elle se trouvait à la fin des années 50. Selon eux, les espèces qui sont disparues le sont définitivement et ne réapparaîtront pas quoi qu’on fasse. D’une part c’est faux puisque, dans le passé, la Mer d’Aral avait déjà été asséchée et que la vie y est revenue avec la richesse que nous y avons connue. D’autre part, même si certaines espèces endémiques ne réapparaîtront peut-être pas, il est néanmoins de la plus grande importance de recouvrir de nouveau d’eau ce qui fut le fond de la Mer d’Aral afin de stopper les tempêtes de sable pollué.

Certains disent qu’il faut relativiser le problème. Bruges était un port de mer et, à cause de l’ensablement de la Mer du Nord, il s’est retrouvé à quinze kilomètres de la côte. Cela n’a pas tué les Brugeois et n’a pas ruiné la région. Cela reste à prouver. Le désastre d’Aral n’est que la partie visible d’un iceberg beaucoup plus important. A terme, les autres pièces d’eau subiront le même sort. Au Kazakhstan, l’évolution du Lac Balkhash est déjà visible. Mais, beaucoup plus grave, c’est toute l’Asie Centrale qui risque de tomber rapidement à court d’eau potable.

 

Les causes sont multiples :

1. L’approvisionnement est insuffisant et va encore diminuer quand les Chinois auront
    augmenté la puissance de leur usine hydroélectrique sur la rivière Ili.
2. L’état des conduites d’eau est scandaleux. Dans certaines villes, nonante
    pourcents de l’eau part par des fuites.
3. Les techniques d’irrigation sont obsolètes.
4. Le réseau hydraulique mis au point par les Soviétiques est trop complexe
    pour être géré efficacement,notamment au niveau des réservoirs de régulation.
    Ceci vient encore d'être mis en évidence lors des inondations de février 2004
    dans le sud du Kazakhstan.
5. La collaboration entre les états concernés est insuffisante.
6. Le climat change. La température moyenne et la vitesse du vent augmentent
    en partie à cause de la disparition de la Mer d’Aral.

Il est important de noter que le changement de climat ne trouve qu'une petite partie de ses causes dans les activités humaines. Un cycle de onze ans et un autre de l'ordre de dix mille ans sont dûs à l'activité solaire. Un cycle plus long, de l'odre de vingt à cent mille ans est dû à des phénomènes orbitaux : variation de l'excentricité de l'orbite de la Terre, modification de l'angle de l'axe de rotation de la Terre par rapport à l'écliptique et précession.

Les remèdes :

1. Convaincre les Chinois de renoncer à leur projet (peu réaliste)
2. Renouveler, simplifier et entretenir le réseau hydraulique.
3. Appliquer des techniques d’irrigation plus modernes.
4. Améliorer la collaboration entre les pays de l'Asie Centrale en ce qui concerne la gestion de l'eau.
5. Construire le Canal de l’Ob.


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