| Bakou et Turkmenbai |
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L’une en face de l’autre sur chaque rive de la Caspienne, Bakou et Turkmenbaši n’ont en commun que les installations pétrolières et la pollution qu’elles entraînent au sol et sur la mer. Bakou est une ville d’arts alors que Turkmenbaši n’est intéressante que par la nature sauvage qui s’étend de ses faubourgs jusqu’en Iran. Les deux villes sont menacées par toute une série d’avatars environnementaux. La richesse de Bakou date du XIXe siècle, quand les Nobel y ont foré le premier puit de pétrole de l’histoire. Les Nobel et leur collaborateurs locaux ont été à Bakou ce que les Médicis ont été à Firenze. Une partie de leur fortune a été consacrée à mettre la capitale azérie et ses sites archéologiques en valeur et à y construire une université où, plus tard Lev Landau étudiera la physique et la chimie. |
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Mais le passé pétrolier de Bakou est bien antérieur aux Nobel. Si on ne l’exploitait pas de manière industrielle, on l’y extrait depuis le VIIIe siècle aux endroits où il affleure le sol. Les Zoroastres ont construit des temples en l’honneur du liquide combustible et ils ont même utilisé le gaz naturel sans savoir en contrôler le débit. C’est ainsi qu’au milieu des volcans de boue est née la première des "montagne qui brûle". La dernière en date, allumée par une éruption volcanique est malheureusement une source de pollution de l’air sans précédent et sera très difficile à éteindre. Ce n’est malheureusement pas le seul cas de pollution par le pétrole en Azerbaïdjan. Ce n’est que récemment qu’on a commencé à moderniser l’équipement de forage off shore qui datait du temps des Soviétiques si pas des Nobel eux-mêmes. Le brut étant abondant et bon-marché, les Soviétiques ne se sont jamais trop préoccupés de ce qui s’échappait par des fuites. La Mer Caspienne est extrêmement polluée dans un rayon de 20 km autour des installations de l’Ile |
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de Neftyanye Kamni où
le matériel est vétuste et non entretenu.
La pollution par les hydrocarbures n’est rien à côté de celle des cours d’eau. La faute n’en incombe pas aux Azéris mais bien à leurs voisins géorgiens et arméniens qui utilisent le fleuve Kür et ses affluents comme poubelle. L’eau de ce fleuve mais aussi celle du lac barrage de Mingäçevir qu’il alimente a atteint un niveau de pollution par le cuivre et le molybdène tellement élevé qu’il n’est même plus question de la purifier. L’Azerbaïdjan manque cruellement d’eau potable. |
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Mais nous ne pouvons pas limiter l’Azerbaïdjan à ses problèmes de milieu car c’est vraiment un beau pays et ses habitants sont accueillants. Un climat subtropical en fait un petit morceau d’Afrique entre le Caucase et la Mer Caspienne. On y cultive du coton, du riz et un assortiment de fruits délicieux dont du raisin qui est à l’origine d’une production vinicole de très bon niveau, idéale pour accompagner les plats locaux qui valent le déplacement. Nous citerons le plov, plat à base de mouton, de riz et de prunes et aussi le dolma ou feuilles de vigne farcies à l’émincé de mouton. Nous venons d’évoquer les monuments naturels de l’Azerbaïdjan mais son patrimoine historique n’a rien à leur envier. Avec ses pétroglyphes et ses témoignages s’échelonnant du mésolithique au Moyen Age, le site préhistorique de Gobustan est une réelle merveille. |
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Certains ont dit de Turkmenbaši qu’elle était la ville la plus déprimante du monde. C’était probablement vrai à l’époque où elle
s’appelait encore Krasnovodsk. Si pour être attrayante, une ville doit posséder des dancings et des parcs d’attraction, alors, c’est vrai, Turkmenbaši manque d’intérêt. Si par contre, on s’intéresse à la nature, elle se trouve dans une région spécialement riche, aussi bien en mer que le long des côtes. La baie de Turkmenbaši ainsi que toute la côte jusqu’en Iran sont classées réserve naturelle. C’est l’habitat et le lieu de nidification d’une très grande variété d’oiseaux migrateurs dont les plus célèbres sont les flamants roses. Il est urgent que, non seulement l’Azerbaïdjan et le Turkménistan mais aussi
les trois autres riverains, prennent les mesures qu’il faut pour arrêter
ce désastre et réparer les dégâts causés aux écosystèmes.
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