| Kara Kul : une île sur le toit du monde |
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Espérons que le Toit du Monde était bien assuré car l’île en question est une météorite tombée là il y a quarante millions d’années. Kara Kul n’est autre qu’un cratère météoritique et l’île est la météorite elle-même. Il est aussi le lac alpin de cette importance le plus haut du monde et l’île qui l’habite est forcément l’île intérieure la plus haute du monde. Et sur cette île se trouve même un petit lac sur lequel il y a peut-être une île ? Et un étang avec une île ? … De quoi inspirer Branduardi. Kara Kul : le lac noir. Vu de ses rives, il ne paraît pas très noir. Nous le voyons déjà un peu plus sombre à partir des montagnes voisines ou du sommet de l’île mais vu d’avion ou de la navette spatiale, il porte bien son nom : il est noir d’encre. Sur les photos de la NASA, cette noirceur est bien mise en évidence si nous la comparons à la couleur émeraude du petit lac qui est sur l’île. |
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Kara Kul est un lac fermé. L’eau ne s’en échappe que par évaporation. Celle qui y entre vient en grande partie de la fonte des neiges des majestueuses montagnes qui l’entourent. Cette eau de très grande pureté a néanmoins dissout les minéraux des montagnes en question. C’est ce qui lui donne ce goût d’Eau de Vichy. Elle peut cependant être bue telle quelle, sans purification. Sa température dépasse rarement les cinq degrés. Le lac et ses environs immédiats sont habités d’une faune et d’une flore endémiques à 80 %. Malgré la rudesse de l’hiver, on peut toujours y rencontrer des chameaux de Bactriane à l’état sauvage. Les léopards des neiges s’y font, hélas, de plus en plus rares mais une équipe de l’Unesco a eu la chance d’en rencontrer. Joyau du Xinjiang, Kara Kul mérite la plus haute protection. Heureusement, le Tadjikistan y veille. La lac et la région qui l’entoure sont candidats à la "Biosphère" de l’Unesco. Malheureusement, il manque de stations d’épuration et des touristes commencent à y venir. Un sanatorium renommé est d’ailleurs installé |
| à quelques centaines de mètres
de ses rives car l’air, ici, est aussi pur que l’eau du lac.
Autour de Kara Kul, nous trouvons des hameaux d’une extrême pauvreté mais où l’hospitalité dépasse tout ce que nous pouvons rencontrer ailleurs. Le visiteur étranger a toujours droit à un pain et, comparé à notre pain européen, c’est un cadeau de choix. Il est nourrissant et délicieux. Aucun endroit ne convient mieux pour fristouiller une spécialité européenne avec les moyens du bord et la partager avec les locaux. Il est difficile de savoir si nous sommes au Tadjikistan ou en Chine. Les gens disent que nous sommes au Xinjiang mais personne ne sait vraiment où est la frontière. Qui plus est, des deux côtés de la frontière, on parle les mêmes dialectes qui ressemblent plus à du Turc qu’à du Chinois. Depuis deux mille ans des caravanes passent sur ce qui est maintenant la route M41 et jamais personne n’a pu les contrôler. Ni le KGB ni la police chinoise ni aucun douanier. Dans le passé, c’était la route de la soie, du riz Basmati et des épices. Maintenant s’y ajoutent de faux vêtements de marques qui sont aussi bons que les vrais, de la drogue, des armes et même du plutonium. La seule richesse de l’endroit est l’élevage du mouton Kara Kul dont la qualité de la laine est appréciée dans le monde entier. |