Un canal sans bateau
pour assécher la mer.
English
Nederlands
Turkish
Français

Kara Kum. Le Désert Noir. C’est le nom d’une région importante du Turkménistan, la deuxième région la plus chaude du monde, mais c’est aussi le nom de ce canal qu’on y a creusé dans les années soixante. Grâce à l’eau qu’il apporte, le Canal Kara Kum fait reculer le désert au Turkménistan. L’irrigation des terres a permis à ce pays désertique à nonante pourcents de devenir exportateur de fruits et de légumes. Ses potirons, melons et autres cucurbitacées sont célèbres pour leur goût de soleil. Le Turkménistan fête le potiron le huit août et c’est un jour de congé pour tout le pays. Nos amis de Tourine devraient s’en inspirer et refiler l’idée à nos politiciens. C’est aussi ce canal qui abreuve les champs de coton et les rizières du Turkménistan et de l’Ouzbékistan.

Malheureusement tout est loin d’être positif. L’eau amenée par le Canal Kara Kum, il a bien fallu la prendre quelque part. Et ce quelque part, ce sont la Syr Darya et l'Amu darya, les tributaires de la Mer d’Aral dont le tarissement est dû en grande partie au canal Kara Kum. Et ce n’est pas le seul méfait de la culture sur terrain irrigué. Pour faire verdir un désert, il faut d’abord de l’eau mais il faut aussi des minéraux : des engrais nitrés et phosphatés. Et on n’a pas été avare de ces produits. Au point que le sol a été lavé de ses minéraux d’origine et que les eaux de ruissellement sont chargées de nitrates et de phosphates c’est à dire de tout ce qu’il faut pour eutrophier les lacs et rivières où elles finissent par arriver. Quand elle y arrivent. Le plus souvent, elles en sont empêchées par l’évaporation et les engrais non consommés par les plantes se déposent dans le sol qu’ils finissent par rendre impropre à tout usage agricole. Un succès !

Est-ce si grave de détériorer un désert ? C’est toujours grave de modifier un écosystème sans connaître les conséquences à long terme de cette modification. L’exemple de la Mer d’Aral est là pour nous le confirmer. Et il est loin d’être le seul.

De plus Kara Kum n’est pas si désert que cela. D’abord, il est habité. On y trouve aussi des sites archéologiques remarquables mais aussi et surtout, il est l’habitat de nombreuses espèces végétales et animales endémiques. Les plus beaux parterres de tulipes du monde sont à voir non pas en Hollande mais bien autour de la Station du Désert de Repetek au Turkménistan entre le quinze mai et la fin du mois de juin. A ce moment, Kara Kum est fleuri sur 80.000 km². Trois fois la Belgique !

La route de Repetek est aussi celle de l’Ouzbékistan, de Boukhara, de Samarkand et de Toškent. Trois merveilles d’archéologie, d’architecture et de nature.

 

Issyk Kul  Urmia et Van  Index  Balkash